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Vendredi 21 avril 5 21 /04 /Avr 02:21

Hello Ami Gay

Je vois que l'article d'hier a sucité un petit débat. Cela me réjouit. Que les uns se réjouissent et que d'autres s'inquiètent, c'est normal. Il a fallu plusieurs années de débat en Belgique pour arriver au vote final d'hier. Alors restons serein. Il est normal de se poser des questions et surtout de mettre l'intérêt de l'enfant au premier plan. Il faut, comme le fait Romain, exprimer ses craintes puis vérifier le plus objectivement possible si elles sont fondées. Il n'est pas question de refaire tout le débat ici, mais je viens de trouver un petit article paru en décembre 2005, lorsque le débat s'est déroulé à la chambre, qui montre l'intérêt de l'enfant sous un autre jour. Cela confirme le témoignage de Lou de Paris.

Un Etat qui se proclame de droit peut-il ignorer la réalité des couples homosexuels avec enfant? Il importe de rompre la spirale de la discrimination et d'offrir un statut à ces enfants.

La famille se cherche aujourd'hui: nucléaire, recomposée, homoparentale, monoparentale... la famille se décline sous les différents choix de vie opérés par les uns et les autres. La réalité du quotidien d'un enfant échappe de plus en plus souvent à l'image classique du foyer formé par le papa et la maman biologiques.

Même si la famille nucléaire reste un modèle de référence, nul ne peut ignorer que bon nombre d'enfants vivent d'autres modèles familiaux. Parents séparés, parents ayant créé un autre couple, parents du même sexe...

Le débat sur l'ouverture de l'adoption aux couples gays et lesbiens s'inscrit bien évidemment dans la lutte contre les discriminations mais aussi dans la volonté de soutenir l'intérêt de l'enfant, de reconnaître aux enfants de ces couples une série de droits. Et par là, éviter que ces enfants soient eux aussi victimes de discrimination.

Il y a aujourd'hui des enfants élevés et aimés par des couples homosexuels; ceux qui ont été conçus dans une union hétérosexuelle et dont l'un des parents s'est engagé ensuite dans une relation homosexuelle, ceux conçus par un couple lesbien par insémination artificielle, ou bien encore ceux qui ont été adoptés par un seul membre du couple, l'adoption par une personne célibataire étant, elle, autorisée.

Est-ce le rôle d'un Etat que d'ignorer cette réalité? Est-ce le rôle d'un Etat de fermer les yeux sur le quotidien d'enfants plongés d'emblée dans le champ de la discrimination? Que devons-nous faire?

Interdire? La belle hypocrisie! Les laisser vivre hors la loi, les laisser sans droit? La belle irresponsabilité!

Ou bien les reconnaître?

Reconnaître un statut aux enfants de couples homosexuels en leur permettant d'être adoptés revient tout simplement à les inscrire dans le champ de l'Etat de droit. «La société progresse quand des pratiques s'organisent par des lois et quand des lois protègent contre les excès de ces pratiques.»

Au-delà d'arguments moralistes, il est fréquent d'entendre les opposants à l'adoption des couples homosexuels mettre en avant l'incertitude qui entoure l'équilibre et le développement psychologique de ces enfants.

D'abord, c'est feindre d'oublier l'amour qui entoure ces enfants. Ensuite, c'est ignorer les études scientifiques qui ont déjà été publiées. Ainsi, depuis février 2002, l'Académie de pédiatrie américaine soutient l'adoption par les couples homosexuels en affirmant que «les enfants mis au monde ou adoptés par l'un des membres d'un couple d'individus du même sexe méritent la sécurité qu'apportent deux parents légalement reconnus». Elle s'appuie sur une longue liste d'études prouvant que ces enfants n'ont, dans leur développement personnel, rien à envier à ceux des foyers hétérosexuels; et qu'il ne leur manque qu'un statut clair.

L'AZ/VUB, qui pratique l'insémination artificielle notamment de lesbiennes qui vivent en couple, examine de très près d'une part les motivations de ces femmes avant d'accepter de procéder à l'insémination et, d'autre part, le développement de leurs enfants. Les observations des psychologues sont formelles. Les couples lesbiens qui s'engagent dans la procréation le font après une longue période de réflexion, affichent une grande stabilité, sont bien intégrés dans la société, acceptés par leur famille et ne diffèrent pas dans leur motivation et leur «aptitude» à élever des enfants des couples hétérosexuels. Ayant conscience de la «particularité» de leur foyer, ils se soucient davantage d'intégrer leur enfant dans un réseau familial et social dense et très présent.

Quant aux études qui suivent les enfants élevés dans des familles homosexuelles, elles tordent le cou à une série d'idées reçues: non, une mère homosexuelle n'est pas plus incompétente qu'une hétérosexuelle, non, l'absence d'un parent d'un autre sexe ne perturbe pas le développement affectif, social et scolaire de l'enfant, non, l'absence d'une figure d'identification d'un autre sexe n'empêche pas l'enfant de construire son identité.

Les études consacrées aux adultes qui ont été élevés par des couples homosexuels rappellent qu'il n'y a aucun lien entre l'orientation sexuelle et le fait d'avoir été élevé par des familles hétérosexuelles ou homosexuelles. Il faut néanmoins souligner que ces adultes se souviennent d'avoir ressenti une certaine hostilité de la part de certains groupes d'enfants. Mais ces études révèlent aussi que ce sentiment est également présent chez les enfants élevés par des familles monoparentales. Nous sommes bien là dans le champ de l'acceptation sociale, et il revient à l'Etat d'encourager la tolérance et de lutter contre les discriminations.

Ouvrir l'adoption aux couples homosexuels, c'est donner un statut à ces enfants; c'est affirmer que la société les reconnaît comme des enfants élevés par deux parents, comme des enfants comme les autres avec des parents comme les autres.

KARINE LALIEUX, députée fédérale

© La Libre Belgique 2005

 

Au fait, ce serait bien si, dans le débat, chacun pouvait rester courtois. Inutile de s'agresser mutuellement.

Pour mon ami Polo qui l'a si gentillement demandé, voici un petit cadeau. Comme pour Al hier, ce n'est pas grand chose, mais j'espère qu'il appréciera quand même.

Petit cadeau pour Polo

Enfin, le lien coquin que tu attends.

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A la prochaine.

 

Par Pip Moustache - Publié dans : Info
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